Home>Project>3 espaces publics dans une vallée, Ixelles
{"slide_to_show":"1","slide_to_scroll":"1","autoplay":"true","autoplay_speed":"3000","fade":"false","speed":"300","arrows":"true","dots":"false","loop":"true","nav_slide_column":5,"rtl":"false"}

3 espaces publics dans une vallée, Ixelles


Le développement de trois projets d’espaces publics reliés par un contexte proche, est une opportunité exceptionnelle pour mettre en valeur tant un paysage physique que social et culturel.

Paysage physique, social et culturel

La vallée du Maelbeek de même que l’histoire de ses transformations successives constitue le cadre physique, dont le caractère principal sera le lien à la topographie et à l’hydrographie de ce coin de la Région Bruxelloise. La dynamique sociale qui caractérise ces quartiers d’Ixelles, la capacité des habitants de relayer des ambitions, des prises de conscience et des engagements citoyens, forment le second terroir sur lequel s’appuient ces projets, et ce dans la vision d’une société en pleine mutation économique et culturelle, tendant vers une diversification des populations et activités économiques.

Il se dégage donc de l’étude de ces trois espaces publics, à la fois des enjeux spécifiques, des problématiques particulières à résoudre, mais également des opportunités similaires telles que le traitement de la pente par gradins ou escaliers et l’engagement citoyen dans la gestion de l’espace public. Le résultat tend vers une intervention paysagère forte par son impact visuel, légère par ses moyens mis en œuvre, et puissante par son fondement social et culturel.

Histoire polyphonique : De l’émergence des spécificités de chaque site…

Afin d’explorer au plus loin les potentialités et complexités de chaque site, des ateliers ont été établis séparément dans un premier temps. Ces ateliers ont permis de confirmer les orientations prises dans le dossier de base du Contrat de Quartier en clarifiant les composantes (diverses contraintes techniques à prendre en compte…) et les objectifs principaux pour chaque site.

1/ C’est ainsi que pour le Jardin Gray-Couronne, la nécessité est apparue de créer une liaison entre la rue Gray et l’avenue de la Couronne sous la forme d’un espace public ouvert.

La dynamique sociale fondatrice d’un jardin collectif est apparue comme une opportunité pour créer du lien social entre les futurs habitants et leur environnement.

2/ Pour la petite rue Malibran, la volonté s’est affirmée de donner une place a toutes les classes d’âges et tous les publics, de la plus petite enfance jusqu’aux personnes âgées, en passant par les jeunes adolescents qui ne trouvent guère de lieu de dépense de leur énergie dans ce coin très densément construit de Bruxelles.

3/ La Place Henri Conscience, elle, n’avait de place que le nom, tant elle s’apparentait essentiellement à un rond-point de circulation. L’objectif était clair de transformer ce lieu en un espace de convivialité où la place du piéton sera prioritaire sur la circulation automobile, sans la gêner cependant.

Chacun de ces ateliers reposait sur un ensemble de documents historiques et techniques, ainsi que des références externes, de telle sorte que les propositions d’aujourd’hui se définissent dans une vision historique et culturelle élargie.

… à des échos dans le traitement paysager.

Afin de donner leur force communicative à toutes les propositions, de même que de faire apparaître les cohérences de traitement, une après-midi de présentation des trois approches a rassemblé une quarantaine de personnes. Les habitants ont exprimé leurs avis au sujet de la traduction des intentions et objectifs formulés dans le cadre des ateliers. Certaines propositions étaient encore très ouvertes quant à leur formalisation. Des rencontres supplémentaires ont permis de les affiner.

D’une manière générale, le sentiment d’un dialogue constructif et d’une écoute attentive de leurs besoins s’est dégagé auprès des habitants. Leur engagement dans le projet et la nécessité de faire des choix parmi toutes les mesures à prendre, en tenant compte des moyens techniques et financiers, des contraintes urbanistiques et d’usage de l’espace public, se sont exprimés de façon très consciente et équilibrée. A la fin des travaux dans la petite rue Malibran, les enfants du quartier ont été sollicités pour la conception des assises de l’aire de jeu. L’atelier s’est déroulé sur le lieu même, de manière à ce qu’ils prennent conscience de leur participation dans l’espace.

Des formes spatiales issues de la topographie et des forces sociales et culturelles

Dans le jardin Gray-Couronne 3 zones peuvent être distinguées. Un escalier paysager, qui créé une liaison entre la rue Gray et l’avenue de la Couronne, le parc dans lequel le patrimoine biologique est maintenu, et un nouveau jardin potager.  L’essentiel de l’intervention se concentre sur le façonnage d’un escalier de 70 marches établi de façon conjointe avec un profilage en terrasses de la pente.

Le microclimat généré par le mur de soutènement de l’avenue de la Couronne permet la plantation de vignes et kiwis.  Le cheminement de l’escalier, en rupture de niveau avec le reste du jardin, se décline à travers un haut garde-corps ajouré en acier corten. Des portes filtrent le passage entre l’escalier – accessible 24h/24 – et le jardin – ouvert à certains horaires. Dans ce dernier, le patrimoine existant est maintenu au maximum.  La dernière zone du projet a été imaginée dans un objectif de dynamique sociale : un jardin collectif géré par l’asbl le début des haricots.

En haut de l’escalier, le trottoir de l’avenue de la Couronne est orienté vers le parc via son mobilier urbain de façon à générer un point de vue et un point d’arrêt à partir de cette voirie régionale.

La petite rue Malibran est aménagé de manière paysagère afin de devenir un espace intergénérationnel de jeu, détente et convivialité.

Perçu négativement du fait de l’absence d’entretien, le terrain clôturé à l’arrière des habitations de la rue Marie-Henriette est apparu comme un excellent support de jeux et de rencontres intergénérationnel. Ce terrain est converti en espace multifonctionnel, adapté aux jeux de ballons comme à la pétanque. Quant à l’aire de jeux non entretenue de l’autre côté de la rue, elle est réaménagée selon un principe paysager également; les rochers peuvent être interprétés comme des jeux ou des éléments de mobilier.

Le tracé sinueux de cette petite rue pavée datant du Moyen-Âge est conservé.

Un accès contrôlé des voitures permet de créer un environnement favorable aux usagers. La place Henri Conscience a été transformée en un espace de convivialité où la place du piéton est prioritaire sur la circulation automobile, sans la gêner pour autant. Afin de lui restituer son statut, la place est aménagée en prolongation des trottoirs tout en identifiant clairement les zones de circulations automobiles. Inspiré par l’image historique de la place, l’ensemble du revêtement de sol est en pavés. Des rochers sont placés aux extrémités des trottoirs. Ils dirigent la circulation tout en créant des supports d’aisance pour les piétons.