Home>Project>Parc Bonnevie, Molenbeek-Saint-Jean
{"slide_to_show":"1","slide_to_scroll":"1","autoplay":"true","autoplay_speed":"3000","fade":"false","speed":"300","arrows":"true","dots":"false","loop":"true","nav_slide_column":5,"rtl":"false"}

Parc Bonnevie, Molenbeek-Saint-Jean


Le parc Bonnevie est depuis des années le symbole de la renaissance d’un quartier difficile de la première couronne bruxelloise. Né au départ d’un combat citoyen pour se réapproprier l’espace public, le parc en est à sa troisième mue, avec des projets de plus en plus ambitieux et respectueux de l’environnement.

L’histoire du parc illustre parfaitement l’évolution des luttes urbaines et la prise de conscience de la nécessité de créer des espaces publics à Bruxelles. Et particulièrement dans les quartiers populaires qui se trouvent «au-delà du canal». Dans les années 70, la population du quartier réclama ce terrain pour y faire une aire de jeux, et mena des actions. Des associations locales mirent en place deux projets qui, depuis était devenus obsolètes.

Vu ce passé du lieu, une charge symbolique forte anime ce lieu, le défi à relever était grand. Voilà pourquoi la maison de quartier “Bonnevie Buurthuis” a été impliquée en amont dans le projet afin de mettre en place un très ambitieux programme de concertation avec les habitants, mais aussi avec l’ensemble des acteurs du projet : services communaux, police, animateurs de rue, monde associatif, etc.

Formes abstraites

Un parc, un trottoir n’est pas seulement un espace de jeux, c’est aussi un lieu essentiel de rencontre et d’activité. La réussite d’un tel projet, c’est la prise en compte de l’interactivité entre ses usagers. Mais aussi entre les utilisateurs et le contexte existant. La place d’un banc, l’identité affichée d’un élément, la transparence nécessaire au contrôle social, le besoin de répondre aussi aux plus âgés, sont tout aussi importants que le respect des normes en matière de jeux pour enfants.

Deux aires de jeux ont été implantées : une pour les enfants de 0 à 3 ans, l’autre pour les plus grands jusque 12 ans. Le concept est de ne pas enfermer l’imaginaire des enfants dans des formes littérales (le thème “bateau” ou le “château fort”) mais bien de créer des formes abstraites sur lesquelles les enfants projetteront leur imaginaire. Le projet développe des parcours multiples, des utilisations qui ne sont pas purement “sportive” (un jeu d’Oxo, un tableau noir, des tubes-téléphone, un hamac), un bac à sable pour les plus petits et une tour spectaculaire, totem qui entend rendre une certaine fierté aux enfants du quartier.

L’objectif c’est aussi d’élargir l’utilisation du parc à la simple utilisation de la plaine de jeux. Le travail préalable a révélé l’importance de cet espace vert pour tous les publics et pas seulement les enfants.  Les rencontres avec les usagers ont démontré la difficulté de cohabitation des différents utilisateurs sur un espace public étroit. Voilà pourquoi Suède 36 a proposé de multiplier les abris à la façon des abris de bus, au lieu de proposer un seul grand abris central comme c’était le cas auparavant, où un groupe peut en exclure un autre.

Un projet durable

Une préoccupation essentielle des auteurs de projet était de répondre à des exigences quant à l’environnement et à la durabilité du quartier. Voilà pourquoi la réflexion, les méthodes et la conception de ce projet a intégré plusieurs angles :

  • Etude urbanistique du parc dans son contexte large, évaluation de ses liens avec le reste de la ville ;
  • Prise en compte des besoins de l’ensemble des acteurs
  • Objectif d’appropriation du parc par ses utilisateurs, afin de garantir une indispensable surveillance sociale ;
  • Réunion de multiples groupes de travail pour réagir à un avant-projet, pour corriger les options avant de les finaliser ;
  • Perméabilisation des sols : gazon et couche amortissante laissant passer l’eau ;
  • Drainage de l’eau de pluie dans le terrain et non vers l’égout ;
  • Utilisation de matériaux durables, label FSC pour le bois, non nocif pour la santé, apport de terre soumis à des tests multiples, cahier des charges contraignant et revu par l’administration Régionale de l’environnement (Maître de l’ouvrage) ;
  • Etude en amont de l’entretien, création d’un plan de gestion qui reprend les éléments d’entretien et qui exclu les produits nocifs ;
  • Economie de moyen, utilisation rationnelle de la surface avec une densification des jeux sur une structure unique ;
  • Récupération de l’intégralité des arbres existants ;
  • Mise en place de nouveaux arbres ;
  • Mise en place de deux buttes de gazon créant un relief vert ludique et reposant.

Redonner la fierté aux habitants

Lors des nombreuses rencontres avec les usagers, une maman s’est exprimée face à la maquette de la future plaine de jeux : «C’est trop beau, il ne faut pas construire ça ici, les enfants du quartier c’est de la racaille et ils vont tout casser…» Voilà le projet comprend un mirador, où les enfants grimpent, fiers. Un parc qui leur appartient, et dont l’enseigne, est un moulin de couleur, le même que ceux qui tournent le long du canal, nouvelle façade positive de la commune. Car, pour Suède 36, l’objectif le plus important à atteindre avec un tel projet était de donner à ce quartier, si malmené dans les médias racoleurs, l’image d’un projet positif et ambitieux.