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Place de Liverpool, Molenbeek-Saint-Jean


Le long du canal, place de Liverpool, de nombreux habitants ont fait connaître leur mécontentement à travers le processus de «Contrat de Quartier Durable». Ce projet propose donc des mesures radicales pour rendre le lieu aux usagers faibles. Avec l’aide de Rotor, spécialistes du réemploi, Suède 36 a imaginé un nouvel espace piéton, dont les meubles sont fabriqués à l’aide de matériaux de récupération.

Sentiment d’insécurité

Il y a quelques années, le pouvoir public était déjà intervenu pour modifier cet espace public. Un revêtement de plain-pied, en pavés, avait été placé de façade à façade, des bancs avaient été implantés, ainsi que quatre bacs à fleurs destinés à devenir des colonnes verdurisées. Le trafic automobile et les accès aux garages avaient été maintenus. Malgré cet intervention, des immondices étaient déposés quotidiennement sur le lieu. L’endroit dégageait un.

De nombreux potelets placés à l’époque ont été sciés à leur base pour permettre le parking sauvage. Les voitures étaient stationnées partout sur la place, empêchant toute autre utilisation. Les deux bancs étaient détériorés. Les tours de végétation verticales n’ont jamais réussi à pousser, par manque d’entretien, de terre arable, à cause des déchets jetés à travers la grille et l’impossibilité de l’ouvrir pour l’entretien.

D’autre part, on déplore dans le quartier un trafic intense de poids lourds, 24h sur 24, week-end compris, dû au commerce de voitures d’occasion. La place servait de lieu de négociation, voire de “show-room”. Le lieu était un embouteillage permanent, avec coups de klaxons intempestifs. Lorsque le pont mobile était levé, la circulation était bloquée non seulement le long du quai, mais aussi dans toute la rue de Liverpool. Plusieurs fois par jour, des camions chargés de voitures (40 tonnes) empruntaient le pont mobile depuis la place de Liverpool, même si le poids maximum autorisé pour le passage est de 3,5 T…

Usage complètement modifié

Le projet propose un aménagement piéton très défensif vis à vis des voitures vu le contexte. La décision a été prise de construire une place exclusivement réservée aux piétons et aux cyclistes, avec un accès occasionnel pour les véhicules de secours ou d’entretiens. Du mobilier ludique, un nouvel éclairage, de nouveaux arbres sont implantés. Notons l’importance, pour les parents, de se retrouver dans un espace sécurisé pour les enfants, c’est à dire clôturé vers la circulation automobile.

Le bureau d’étude a conçu des parvis devant les façades et les a protégé des voitures et camions à l’aide de murs en maçonnerie, qui recouvert de bois deviennent des bancs et des terrasses. La place devient un large parvis polyvalent devant la future antenne de quartier, qui sera occupé au rez-de-chaussée par une fonction horeca qui s’ouvrira sur la place. Le «cul-de-sac» laisse néanmoins l’accès aux garages et permet un demi-tour, sans laisser de place pour le parking sauvage.

Le revêtement de sol, qui était en bon état, est conservé. Il est actuellement de plain- pied de façade à façade. Puisqu’on ne modifie pas le profil de la voirie, le projet est très bon marché, même si l’usage de la place est complètement modifié. L’éclairage de la place est revu, une intervention ludique d’Isabelle Corten, urbaniste lumière, a été installée. On implante des arbres supplémentaires, et des bacs à fleurs à l’usage des habitants et des enfants du quartier qui vont les remplir lors de journées participatives organisées par la commune.

Matériaux de réemplois

Afin de varier les matériaux et dispositifs, deux petites terrasses en bois sont placées à l’endroit le plus ensoleillé de la place. Ce sont des éléments polyvalents, à la fois bancs, mini scènes, éléments ludiques et éléments défensifs contre le trafic. La philosophie de ce projet, c’est aussi de travailler avec des matériaux de réemplois : maçonnerie, pierre bleue, acier et bois exotique sont tous issus de la filière “seconde main”, de chantier de démolition dans le quartier ou de la place elle-même (les tours en acier galvanisé). L’asbl Rotor, spécialiste du ré-emploi a apporté son expertise pour concevoir ce projet.