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Walking Madou, Sint-Joost-Ten-Node


«Walking Madou» est un projet monté dans l’urgence, en quelques semaines. Une installation temporaire avec des voitures de la casse peintes en jaune et planté d’arbustes, des manchons à air dans le vent de la tour Madou, des éléments fitness de rue, des bacs à plantes, des forets de potelets, des chaises de récup’ rivés au sol, le tout enrobé de couleur jaune…

Nouvelles options de mobilité

L’objectif initial des pouvoirs publics était de profiter des travaux d’égout de la chaussée et sa fermeture inévitable, pour tester de nouvelles options de mobilité et de «refermer» les travaux en mettant en oeuvre le projet définitif que le bureau Grontmij était en train de concevoir.

L’étude du nouveau projet de voirie avait pris du retard et d’un autre côté, les travaux d’égouttage avaient respecté les délais grâce à une météo clémente. Tous les observateurs ont constaté alors que les quelques mois de travaux avaient été un désastre en tant que gestion de l’espace public de la chaussée : image négative, saleté, absence de communication à propos du chantier, absence de concertation, parking sauvage allant jusqu’à rendre l’accès impossible aux services de secours, notamment les week-ends lors de l’exploitation des deux lieux nocturnes.

Reconquête de l’espace public

Début 2012, les acteurs du dossier, tant communaux et régionaux, ont pris l’initiative de mettre en place un «projet provisoire». Le concept général du projet a été imaginé par Suède 36 qui a coordonné un réseau créatif: les designers de l’Atelier BLINK, le service communication de la commune et de la STIB, le service culture, les designers du point info, les services communaux impliqués dans la mise ne place.

L’idée a été d’utiliser la couleur générique jaune, parce qu’elle est la couleur des lignes des voiries provisoires. Le profil de voiries n’a pas été modifié, les interventions étaient toutes très légères et réversibles.

Le projet a été mis en place à l’aide du «STIC», la mission locale chargé de former des demandeurs d’emplois. Un service qui recycle pas mal d’éléments communaux. D’un autre côté, les auteurs de projet ont proposé d’utiliser des éléments de ré-emplois : anciens potelets pour fermer la circulation automobile et chaises de seconde main. Des arbres et bacs ont été placés sur l’ensemble de la zone, dans des bacs en bois provisoires.

Au-delà de l’aménagement du lieu, il était important aussi de l’animer. Suède 36 a aussi participé à la réflexion concernant cet aspect important de la reconquête de l’espace public, coordonnant des réunions avec les services cultures et communication de la commune.

Quatre zones ont été délimitées, chacune était identifiable par un aplat continu de couleur jaune. Entre ces zones, des lignes en «zig-zag» symbolisaient les traversées multiples grandement facilitées par la piétonisation. Les lignes sont aussi des éléments ludiques que les enfants s’amusent à suivre.

La place Madou : «place des courants d’air»

Des manchons à air jaunes et blancs ont été dressés comme signal au pied de la tour Madou. Une façon aussi d’appeler le chaland depuis le pentagone d’où ils sont visibles. Trois voitures prêtées par «la casse» ont été posées le long de la place Madou pour fermer le trafic. Peintes également en jaune, le toit ouvert, elles deviennent des bacs à plantes. Enfin, un plan a été dessiné spécialement pour orienter et promouvoir les commerces et placé dans un meuble prévu à cet effet et peint lui aussi de la même couleur.

Le jardin Fitness et la terrasse

Ce lieu, avec son entrée de parking et ses murs aveugles, n’avait pas un statut de «place». Malgré la barrière et l’accès livraison et services secours placés à cet endroit, il a été transformé en «mini-parc» : éléments fitness, grilles avec plantes grimpantes, sièges.

À hauteur des 4 snacks et de l’entrée du Mirano, nous avons localisé un lieu dédié plus spécifiquement aux terrasses. Les commerçants l’ont tout de suite utilisé, sortant tables et chaises. L’entrée du Mirano a servi de «kiosque» avec plusieurs concerts. C’est aussi à cet endroit que furent organisées trois séances de cinéma en été.

Le bas de la chaussée est devenu également une placette. C’est l’endroit où nous avons situé le point info, où des permanences ont été tenues, afin de récolter l’avis de la population et des chalands.

Un projet rapide et bon marché

Les auteurs de projet ne s’en cachent pas, c’est l’expérience New-yorkaise de Jan Gehl qui les a inspiré. Comme l’a fait le Danois entre Broadway et Central Park, la chaussée commerçante a complètement changé de visages pour quelques mois, s’ouvrant à la vie. Il a fallut à peine un mois et demi entre la décision de mettre en place l’installation et l’inauguration. Et le prix est dérisoire en regard du changement radical qu’a apporté l’évènement.

Pendant des mois, l’espace a été le théâtre d’évènements organisés et spontanés. Des rappeurs, des skateurs, des publicistes, des touristes et même un enterrement de vie de jeune fille a utilisé le théâtre jaune de la place Madou comme décors. Il y a eu du cinéma en plein air, des concerts, des danseurs, des parties de football quotidiennes entre enfants. Les commerçants ont réinvesti l’espace: les terrasses se sont ouvertes en nombre, les tringles à vêtements ont été sorties sur le trottoir. La vie urbaine a repris ses droits.